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meteoplus
Description du blog :
Information et prévisions météorologiques sur la France et en Europe
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05.06.2007
Dernière mise à jour :
06.10.2009

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Bilan climatique du mois de septembre 2009.

Publié le 04/10/2009 à 21:43 par meteoplus
Bilan climatique du mois de septembre 2009.


En illustration : image NOAA représentant les écarts à la moyenne des températures en Europe. Pour ce mois de septembre, et cela est assez rare, c’est vraiment presque toute l’Europe qui a connu des températures moyennes supérieures aux normales. L’excédent est plus important dans la partie Est du continent. Les rivages méditerranéens ont connu un temps plus incertain : cette petite faiblesse des températures va de pair d'ailleurs avec une pluviosité importante du sud-est de l’Espagne jusqu’à la Turquie en passant par le Maghreb.

Sur notre pays, depuis avril, tous les mois sont plus chauds que la normale. Septembre se rajoute donc à la liste et il est le 6ème consécutif présentant un excédent. Il est aussi nettement plus chaud que celui de l’an passé.

Ce mois de septembre a été marqué par des situations anticycloniques très fréquentes, d’où un déficit des précipitations quasi généralisé. Nous avons connu juste 2 périodes perturbées : l’une en début de mois, la seconde en milieu de mois qui a hélas provoqué inondations et dégâts au pays basque et en Provence.

Les températures maximales sont en excédent de +1 à +2° sur la plupart des régions. L'écart le plus important atteint +2°2 à Strasbourg. Petite exception néanmoins pour Brest (comme durant tout l’été d’ailleurs) avec un petit +0°1 et surtout à Biarritz avec là un léger déficit de -0°3.
Durant ce mois, la chaleur n’a pas pris d’ampleur exceptionnelle. La journée du 8 est généralement la plus chaude, avec des maximums atteignant 30° dans le nord et 33° dans le sud-ouest. A Strasbourg, la journée la plus chaude a été celle du 1er (32°1), à Nice celle du 4 (33°6) et à Cannes le 3 (35°). Le reste du mois a été constamment très doux et il n’y a pas eu de période véritablement fraîche.

Les températures minimales sont également en excédent, de +1 à +1°5 en général. Encore une fois, Brest dénote avec une moyenne tout juste dans les normales, tandis que Nice se démarque avec un excédent important de +2°2. Beaucoup de stations ont enregistré leurs températures les plus basses en début de mois, aux alentours du 6.

Les pluies ont été rares, mais parfois violentes. Sur une grande partie du territoire, la sécheresse entamée à la mi-juin se poursuit donc, notamment dans le nord et l’ouest. Ce mois-ci, l’Est est également concerné. A Strasbourg, il n’est tombé que 13 mm, soit le mois de septembre le plus sec depuis 1969 (Cumul de 1969 : 12 mm, qui est aussi le record, à égalité avec 1947). A Toulouse, il n’a pas plu du 1er jusqu’au 17 septembre. A Brest, après les 23 mm tombés le 2, le reste du mois a été quasiment sec.
Cela a eu un effet sur la végétation qui, pour se protéger, a commencé à ralentir son cycle. Ainsi, les premières couleurs d’automne sont apparues assez précocement et des arbres commencent à perdre leurs feuilles, de manière paradoxale puisque les températures restent très douces.
A l’inverse, certaines régions ont été très arrosées. C’est le cas du pays basque, notamment Bayonne, qui est inondée les 17 et 18. Biarritz enregistre un cumul de 93 mm pour la seule journée du 18. Ce même jour, la Provence est touchée par des pluies diluviennes occasionnant d’importants dégâts à Sainte Maxime dans le Var. A Marseille-Marignane, entre le 16 et le 20, il tombe 212 mm. Le cumul du mois, 214 mm, est un nouveau record pour la station depuis 1947 (Précédent record : 206 mm en septembre 1998).

Enfin, l’insolation a une fois de plus été excellente. La dernière décade du mois a été exceptionnellement ensoleillée dans le sud. Un large quart nord-est se situe entre 150 et 200h, et les autres régions dépassent les 200h, sauf la Bretagne. Après une saison estivale déjà très bien ensoleillée, nous sommes plutôt gâtés.




L'ultimatum climatique - Copenhague 2009

Publié le 25/09/2009 à 17:30 par meteoplus

Une pétition circule actuellement en vue de demander aux participants du sommet de Copenhague qui se déroulera en décembre prochain de donner une suite au protocole de Kyoto et d'accentuer leurs efforts contre le réchauffement climatique. Faites un acte citoyen : signez la. Merci

Bilan climatique du mois d'août 2009

Publié le 16/09/2009 à 23:22 par meteoplus
Bilan climatique du mois d'août 2009


En illustration : image NOAA représentant les écarts à la moyenne de la température en Europe au mois d'août. Un mois d'août plutôt chaud sur l'Europe, notamment dans la partie centrale (couleurs rose ou rose foncé signalant un excédent important). La France cette année renoue avec la chaleur en août. La fraîcheur a été un peu plus sensible à proximité de l'atlantique ou encore, de l'autre côté, sur l'est du continent européen.

Après avoir connu 3 mois d’août d’affilée assez maussades en 2006, 2007 et 2008, et à l’encontre des prévisions saisonnières qui nous promettaient un mois d'août 2009 plutôt humide et frais, celui-ci a en fait été véritablement estival. Soleil et chaleur ont largement dominé, et les précipitations ont manqué, au point que la situation de sécheresse commence à inquiéter sur de nombreux départements.

En continuité d’un beau mois de juillet et aussi d’un beau mois de juin, voilà un très bel été comme on n’en a pas connu depuis 2003. Heureusement, en moins chaud…

Il n’empêche, une vague de chaleur importante a sévi durant une grande partie du mois sur le sud-est, atteignant son point culminant sur l’ensemble de la France, ou presque, entre le 18 et le 20. Les températures les plus élevées frôlent alors les 40° dans le sud et une alerte à la canicule est émise sur plusieurs départements pendant plusieurs jours. Il y aura jusqu'à 7 départements en alerte canicule.

Si l'on s'intéresse aux températures maximales, celles-ci sont en excédent partout, sauf sur l'ouest de la Bretagne. A Brest par exemple, la moyenne de 20°2 est exactement conforme à la normale. Partout ailleurs, elle la dépasse largement, l'excédent atteignant +3°0 à +4°0 sur un axe allant des Pyrénées aux frontières du nord en passant par la vallée du Rhône. Pour de nombreuses stations, il s'agit du troisième mois d'août le plus chaud, après 2003 et 1997. Ce mois d'août est même le deuxième plus chaud à Perpignan avec une moyenne de 31°3. Près de la Méditerranée, la chaleur n'a quasiment pas connu de répit de tout le mois.
Evidemment, la vague de chaleur de milieu de mois y est pour beaucoup. En général, la journée du 19 est la plus chaude, il fait ce jour plus de 35° sur les deux tiers du pays, avec des températures de 39°0 à Lyon, 38°9 à Toulouse ou 37°6 à Clermont-Ferrand. Près de l'atlantique, les journées du 15 et du 31 ont été les plus chaudes (36°3 à Biarritz le 31). On retiendra l'exception brestoise, où la température la plus élevée du mois n'est que de 24°7 ! Quel contraste !

Les températures minimales sont également toutes en excédent, celui-ci étant plus modéré, compris le plus souvent entre +1°0 et +2°0. C'est quasiment devenu la règle depuis une vingtaine d'années. Signe du réchauffement climatique ?

En plus de la chaleur, la récurrence des situations anticycloniques a engendré un manque de pluie, ce qui permet de parler d'un début de sécheresse sur le pays, en tout cas une attention particulière est nécessaire en cette fin d'été sur de nombreux départements. Seules quelques régions comme l'Auvergne ont pu bénéficier de davantage de pluies que la normale. En Provence également, l'orage survenu à Marseille-Marignane entre le 1er et le 2 août a représenté la seule pluie du mois, mais quelle pluie : 65 mm d'un seul coup, un cumul vraiment exceptionnel pour la région. En règle générale, le mois a été sec : aucune pluie à Nice, 11 mm seulement à Reims, où il s'agit du mois le plus sec depuis avril 2007. Les déficits sont importants, prolongeant une période peu pluvieuse qui a commencé sur une grande partie de la France depuis la mi-juin, d'où les inquiétudes de sécheresse.

Enfin, le soleil a brillé largement plus que la normale. Beaucoup de stations dépassent 250h, et évidemment plus de 300h en Méditerranée. Le pays basque et le Finistère font exception avec là au contraire une insolation vraiment médiocre (moins de 150h à Brest).

L'été 2009 restera dans les annales comme un été chaud, ensoleillé et assez sec. il s'agit du quatrième été le plus chaud sur la France (depuis 1950) après 2003, 1997 et 1983. Les modèles météo envisagent un automne plutôt doux et sec, ce qui renforcerait donc la tendance de ces derniers mois. Si cela se confirmait, la sécheresse deviendrait inquiétante et l'année 2009 serait encore une fois une année beaucoup plus chaude que la normale. A voir...

Bilan climatique du mois de juillet 2009

Publié le 09/08/2009 à 11:31 par meteoplus
Bilan climatique du mois de juillet 2009


En illustration : carte NOAA des écarts à la température sur l'Europe. Ce mois de juillet a été plutôt chaud sur l'Europe. Ce bilan s'explique plutôt par l'absence de périodes véritablement fraîches que par les vagues de chaleur qui n'ont pas été exceptionnelles. Les zones déficitaires, en bleu sur la carte, sont assez restreintes, concernant la partie ouest de la péninsule ibérique, la Grande-Bretagne, le nord-ouest de la France et une assez grande partie de la Scandinavie.

En France, ce mois de juillet a été caractérisé par la présence assez fréquente de conditions anticycloniques. Pour autant, beau temps et chaleur n’ont pas toujours duré car des perturbations ont pu régulièrement traverser le pays, certaines occasionnant des changements de temps brutaux avec de fortes baisses de températures et évidemment des orages : bref, un temps de saison.
Le fait le plus remarquable a été l’épisode caniculaire, bref mais intense, qui a touché les régions du sud, et notamment celles du sud-est. Comme il ne s’est pas prolongé, aucune vigilance à la canicule n’a été émise et pourtant, les valeurs sur les journées des 21, 22 et 23 juillet ont été tout à fait exceptionnelles ; la Corse a ainsi battu tous ses records absolus de chaleur : il a fait jusqu’à 43°4 à Sartène, 43°0 à Figari, du jamais vu ; à Ajaccio, pour la première fois, le thermomètre a atteint 40° : 40°2 précisément, battant le record du 17 septembre 1975 (39°1).
Ces records concernent également les températures minimales : ainsi, dans la nuit du 22 au 23, il n’a pas fait moins de 27°2 à Marseille, et 27°6 à Carpentras ! Ce même jour, la température minimale enregistrée à la station de Grenoble/Le Versoud était de 26°5 : là encore, du jamais vu.

Globalement, ce mois de juillet a été plus chaud que la normale sur l’ensemble de la France, avec un excédent plus important en se dirigeant vers la Méditerranée. Seule exception : la région nantaise.
Concernant les températures minimales, les écarts dépassent souvent +1°0. L’excédent le plus grand est de +2°2 pour Lyon.
Les températures maximales présentent à peu près la même tendance. Le nord-ouest a été un peu moins favorisé, puisque Brest a une moyenne de température conforme aux normales (19°9), et ce mois de juillet y a même été un peu moins chaud que le mois de juin. Angers se contente d’un petit excédent de +0°3, tandis que le sud-est a connu un mois de juillet très chaud : la station de Marseille-Marignane enregistre une moyenne de 31°3 et un excédent par rapport à la normale de +2°2.
On notera qu’après le coup de chaud des 15/16 juillet, la baisse des températures a été considérable ; sur de nombreuses régions, en une journée, on a pu perdre une quinzaine de degrés. Même chose après le coup de chaleur des 21, 22 et 23.

Les précipitations sont globalement déficitaires. Près de la Méditerranée, ce mois de juillet a été très sec : 1 mm seulement pour Marseille et Nice. Quelques régions néanmoins font exception : les pluies ont dépassé la normale sur l’ouest de la Bretagne, sur la Vendée, les Charentes, ainsi qu’en Auvergne, en Bourgogne et en Alsace. Localement, d’importants cumuls ont pu être observés, par exemple 130 mm à Strasbourg, ce qui égale presque la valeur de juillet 1995 (131 mm), mais reste éloigné du record de 1948 (167 mm).
De violents orages ont ponctué le mois, par exemple le 1er sur l’est de la Bretagne et en Loire-Atlantique, le 2 sur la Marne, ou encore le 17 sur de nombreuses régions, notamment le sud-ouest (orages de grêle dans la région de Pau).

Enfin, l’insolation a été plutôt bonne, avec des nuances : comme pour les températures, le nord-ouest a été un peu juste, tandis que le sud-est a eu droit à un mois de juillet très ensoleillé (plus de 350 h entre la Provence et la Corse).

Globalement, ce mois de juillet a donc été véritablement estival, avec un petit bémol sur le nord-ouest, et sans trop d’excès, si ce n’est la chaleur extrême des 22 et 23 juillet sur le sud-est, qui a favorisé d’ailleurs une vague d’incendies dans le sud de la Corse.

Bilan climatique du mois de juin 2009.

Publié le 08/07/2009 à 00:13 par meteoplus


Une fois de plus, la France vient de passer un beau mois de juin. Celui-ci a été particulièrement bien ensoleillé, avec des températures parfois élevées. Les pluies se sont essentiellement produites durant la première moitié du mois, la seconde étant souvent sèche, mais parfois interrompue par de violents orages.

Les températures présentent un excédent notable, notamment les maximales. L’écart n’est que de +0°6 à Reims, mais sur la plupart des autres villes, il oscille autour de +1°5, et il atteint +2°6 à Perpignan, +2°7 à Brest et Toulouse, et +2°8 à Marseille. On le constate, les villes du sud sont davantage représentées et ont connu un mois de juin véritablement estival.

2 pointes de chaleur ont eu lieu : la première juste avant la fin de la première quinzaine, au cours de laquelle il a fait 32°0 à Lyon le 14 (maximum absolu du mois) et 32°6 le 11 à Nice ; la seconde s’est produite en toute fin de mois et a concerné presque tout le pays, mais surtout le sud ; il a fait particulièrement chaud sur le Roussillon, avec des valeurs frôlant 36° à Perpignan et 38° à Narbonne le 30.

Sur l’ensemble du mois, pas de records sur les moyennes de températures, mais la série continue : à Paris comme à Marseille, cela fait le douzième mois de juin consécutif avec un excédent. A Marseille, ces 12 mois de juin présentent tous un excédent de +1°, et pour 7 d’entre eux, l’excédent est supérieur à +2° !

Concernant les températures minimales, Reims est la seule ville à présenter un déficit (léger, de -0°3), tandis que les autres villes affichent des excédents tournant souvent autour de +1°0, jusqu’à +2°6 pour Bordeaux.

Ce mois de juin a été ni trop pluvieux, ni trop sec. Evidemment, Nice n’enregistre que 15 mm, mais cela aurait pu être pire. On retiendra surtout les effets de certains orages, tel celui du 14 juin sur l’Aisne ayant provoqué une coulée de boue très spectaculaire dans la commune de Chézy-sur-Marne. D’autres orages violents ont touché le 26 la Normandie ainsi que la Franche-Comté et la Lorraine : des villes comme Nancy et Besançon ont alors enregistré des cumuls respectifs de 57 et 63 mm en quelques heures.

L’ensoleillement a été généreux, avec des bémols. Le Finistère et la région parisienne peinent à dépasser les 200h d’insolation, ce qui n’est déjà pas si mal. A l’opposé, la Provence, la Côte d’Azur et la Corse dépassent facilement les 300h. On notera l’insolation excellente de la portion du littoral atlantique située entre les Charentes et la Gironde où le soleil a brillé jusqu’à 300h parfois.

Bilan climatique du mois de mai 2009.

Publié le 11/06/2009 à 19:30 par meteoplus
Bilan climatique du mois de mai 2009.


En illustration : carte NOAA des écarts à la température moyenne en Europe au mois de mai. Une grande partie de l'Europe est en excédent, la zone à +3° se situant sur l'Italie et débordant largement autour, y compris sur une partie de la France.

Le mois de mai 2009 a fait tomber de nouveaux records de chaleur. Décidément, depuis le début des années 2000, les mois de mai chauds sont fréquents, et beaucoup d’entre eux ont vu des vagues de chaleur importantes se succéder.

C’est à partir du 20 que les valeurs s’envolent vers des sommets pour culminer entre le 22 et le 25. On enregistre alors des records de chaleurs absolus pour un mois de mai en Auvergne, sur la Corse, la région PACA, la région Rhône-Alpes, et encore en Franche-Comté, en Alsace, et même jusqu’en Bourgogne ou en Lorraine. Parmi les valeurs les plus remarquables, on retiendra celle de Marseille : 34°9 (précédent record : 33°3 en…2007), et surtout celles de la Corse. Avec 34°4 le 22 et 34°5 le 23, Ajaccio bat 2 fois de suite son précédent record qui était de 33°8 le 06/05/2003. Calvi enregistre un incroyable 36° (33°3 le 30/05/2005) ainsi que Figari. A Figari, la t° a dépassé pendant 6 jours les 32°, battant ou égalant chaque jour l’ancien record de 32°3 datant de mai 1979 !
En région Rhône-Alpes, ce sont des records de 1953 qui sont tombés.

Comme le reste du mois a été plutôt chaud et rarement frais, les moyennes sont élevées.
Concernant les températures maximales, l’excédent atteint en général +2 à +3°, et davantage encore sur l’Auvergne, l’Alsace, et presque tout le quart sud-est. Marseille affiche l’excédent le plus élevé : +4°1, et signe là un nouveau record mensuel avec une moyenne de 26°1, battant largement l’ancien record de 25°0 datant de mai 2003 et mai 1989. A Lyon ou Strasbourg, on n’est pas très loin des anciens records, mais ils ne sont pas battus.
Les températures minimales connaissent également un excédent notable. Léger à Brest (+0°5), il est maximal à Lyon (+3°8), qui reste malgré tout derrière le record établi en mai 1999. Mais au passage, Lyon s’offre le record de la température minimale la plus élevée avec 20°0. A Nice, où les écarts sont rarement importants, surtout pour les températures minimales, celui-ci est de +3°1. Avec une moyenne de 16°1, c’est tout simplement le nouveau record.

Les précipitations n’ont pas été très abondantes. Malgré des orages ayant pu donner d’importants cumuls en certains endroits, les précipitations sont généralement déficitaires, notamment dans le sud-est, où la sécheresse estivale a déjà commencé. A Brest, le cumul est de 40 mm seulement, soit le mois de mai le moins pluvieux depuis 1992.
Comme c'est souvent le cas en mai, des orages particulièrement violents ont pu se produire. Cela a été le cas notamment en région toulousaine le 25, sur le Massif Central, et sur les département de l'Aisne et de l'Oise. En certains endroits, des grêlons à la taille impressionnante sont tombés, images relayées par la télé.

Quant à l’insolation, hormis une faiblesse importante localisée au niveau du Bassin Parisien, elle a été tout à fait conforme aux normales. Les 300h ont été dépassées en Provence-Côte-d’Azur et en Corse.

En conclusion, on retiendra qu’il s’agit encore d’un mois de mai chaud, ce qui a tendance à devenir quasiment la règle depuis ces 20 dernières années, depuis 1989. Le réchauffement une fois de plus a été particulièrement marqué dans le domaine méditerranéen.

Bilan climatique du mois d'avril 2009.

Publié le 06/05/2009 à 12:00 par meteoplus
Bilan climatique du mois d'avril 2009.


En illustration : carte NOAA représentant l’écart à la moyenne des précipitations du mois d’avril 2009 sur l’Europe. En marron foncé : les zones où il a plu moins de 50% de la normale. Cette couleur prédomine largement et recouvre une large moitié est de l’Europe, atteignant même l’Angleterre et débordant sur l’est de la France entre l’Alsace et la région Rhône-Alpes. Ce mois d’avril a au contraire été assez arrosé entre l’Irlande, la France, l’Italie et les pays du Maghreb.

Ce mois d’avril sur la France a été très intéressant. Une situation de blocage anticyclonique sur le continent a nettement favorisé le maintien d’un temps sec ensoleillé et doux sur les régions du nord-est durant une grande partie du mois, en particulier sur l’Alsace. A l’inverse, les régions du sud et de l’ouest ont connu plusieurs épisodes de mauvais temps fortement pluvieux. Très bonne illustration de ce qui s’est passé, durant le week-end de Pâques, le 11, on relevait 10° à Toulouse sous la pluie, 7° à Tarbes, mais 23° à Strasbourg. Cette douceur s’est installée de manière durable sur les régions du nord, et plus spécialement du nord-est, tandis que dans le sud, il y a juste eu 2 petits coups de chaud, l’un le 6, puis un autre après le 20 au cours duquel Perpignan enregistre 27°1 le 23, maximum mensuel sur la France. Ce qui n’est pas énorme.

Au final, dans le nord-est, ce mois d’avril est assez exceptionnel. Ainsi, à Strasbourg (depuis 1947), il s’agit du second mois d’avril le plus chaud après celui de 2007, devant celui de 1949. Pourtant, il n’y a pas eu de vague de chaleur, la capitale alsacienne ayant enregistré un modeste 25°6 de maximum ; un seul jour de chaleur donc, mais une douceur durable, car on comptabilise 17 jours au dessus de 20°, dont 7 jours consécutifs entre le 9 et le 15. Idem à Paris, où le maximum absolu n’est que de 21°8, mais 9 jours ont dépassé 20°. Et Lyon affiche une moyenne de 18°2 pour un maximum absolu de 22°7.
L’excédent (pour les températures maximales) atteint +4°7 à Strasbourg. Cet excédent faiblit au fur et à mesure que l’on se dirige vers le sud et l’ouest : +3°5 pour Lille, +3°2 pour Paris, +2°1 pour Marseille, +1°5 pour Brest, +1°0 pour Bordeaux. Près des Pyrénées, Toulouse et Biarritz ont une moyenne conforme à la normale, et Perpignan est la seule ville à afficher un léger déficit de -0°1. Si bien que ce mois d’avril a été un peu plus doux à Paris ou Dijon qu’à Perpignan, ce qui ne se produit que rarement.

Concernant les températures minimales, elles ont également été élevées. Elles sont en excédent partout. Excédent minimal pour Biarritz (+0°1), mais atteignant +3°0 à Lyon et Reims et +3°2 à Lille. Pour de nombreuses stations, la moyenne des températures minimales rivalise avec celles d’avril 1961 ou avril 2007. Il n’y a pas eu de gelée tardive, même si le thermomètre a pu s’abaisser fortement en fin de mois.

Les précipitations font apparaître une forte différence entre un quart nord-est relativement sec (28 mm à Strasbourg, 34 mm à Lyon, mais 63 mm pour Reims), tandis que ce mois d’avril a été copieusement arrosé sur la partie ouest et autour de la Méditerranée. Le pourtour méditerranéen a profité d’une bonne pluviométrie très utile avant le début de la saison estivale, d’autant plus que l’hiver a été aussi arrosé. Ainsi, Perpignan enregistre 137 mm et Nice 151 mm. Pour Nice, il faut remonter à 1952 pour trouver un mois d’avril plus arrosé.
A Clermont-Ferrand, après un mois de mars très sec (6 mm), la reprise de la pluviométrie est brutale, avec 105 mm en avril. Des cumuls supérieurs à 100 mm sont observés sur toute la façade atlantique, et sur le sud-ouest. Il a beaucoup plu à Toulouse : 141 mm, soit autant qu’en avril 1989, mais un peu moins qu’en avril 1988 (173 mm), qui reste le record.

Enfin, l’insolation : elle a été médiocre sur le sud-ouest (132h seulement pour Toulouse), mais plutôt bonne entre la Provence et l’Alsace. Les 200h sont dépassées à Marseille et Nice, ce qui est tout à fait normal, mais aussi à Dijon, ce qui représente là un bon chiffre, toutefois loin d’être exceptionnel.

Bilan climatique du mois de mars 2009

Publié le 03/04/2009 à 12:00 par meteoplus
Bilan climatique du mois de mars 2009


En illustration : carte NOAA de écarts à la moyenne des températures moyennes du mois de mars en Europe. L'écart le plus significatif concerne l'ouest de la péninsule ibérique où le printemps s'est imposé précocement. En France, les températures sont restées assez proches des normales dans l'ensemble. Mais à la différence des mois précédents, où les écarts étaient plutôt négatifs, ce mois-ci, il a été faiblement positif.

Durant ce mois de mars, on a assisté à une situation typiquement printanière de blocage anticyclonique durable. Seule la première semaine a vraiment dénoté, avec un temps très perturbé qui a donné en deux ou trois jours la quasi-totalité des cumuls pluviométriques mensuels. Au cours de cette première semaine, les vents ont soufflé très fort sur la façade atlantique puis en Méditerranée.
Grâce aux conditions anticycloniques qui ont ensuite prédominé, le soleil a été bien présent, surtout sur l’ouest et le sud du pays. On notera une remarquable période de temps ensoleillé de 9 jours consécutifs dans le sud-ouest. Cette région a certainement été la plus favorisée car dans le même temps, les températures ont atteint des valeurs très au dessus des normales de saison, avec 23 à 24° le 13 mars, puis 20 à 25° entre le 16 et le 20. Toutefois, aucune station n’a dépassé les 25°, donc rien d’exceptionnel : on a déjà vu des valeurs plus élevées en mars, surtout au cours de ces 2 dernière décennies. Cette douceur a eu beaucoup de mal à atteindre les régions du nord-est, où l’on a peiné à dépasser les 15°. Ainsi, à Strasbourg, la température maximale du mois n’est que de 15°4, relevée en plus le 1er. La période de douceur du milieu de mois ne s’y est quasiment pas fait sentir là-bas en raison d'une descente d'air froid qui a touché l'Allemagne à ce moment. Ce froid d'ailleurs a ensuite glissé sur la France, et le changement de masse d'air a été saisissant : samedi 21 au matin, les gelées étaient quasi généralisées, et il faisait -5 à -9° sur la Lorraine, le Cher et l’Auvergne. Des gelées qui ont persisté jusqu’en fin de mois sur de nombreuses régions du nord.
Du coup, en montagne, le manteau neigeux s'est bien maintenu, en particulier des Vosges au nord des Alpes, d'autant plus qu'une petite faiblesse de l'anticyclone en fin de mois a pu laisser passer quelques perturbations, et il a de nouveau neigé en montagne. En revanche, il n'a pas neigé en plaine ce mois-ci.

Ce mois de mars est donc un mois plutôt sec, bien ensoleillé, et un peu plus doux que la normale.

Les températures minimales s’écartent peu des moyennes et sont en général légèrement excédentaires. L’excédent le plus important est relevé à Nice avec +1°2.
Concernant les températures maximales, grâce au soleil, elles ont grimpé un peu plus et l’excédent tourne souvent aux alentours de +1°. Brest est la ville affichant l’écart à la moyenne le plus important (+2°0), grâce en milieu de mois à une semaine véritablement printanière au cours de laquelle la t° a dépassé à 2 reprises la barre des 20°, ce qui est très rare. En revanche, pas d’excédent à Biarritz (malgré quelques très belles journées), à Lyon ainsi qu’à Strasbourg où le thermomètre n’a pas véritablement réussi à décoller. La moyenne des températures n’est que de 10°5 pour la capitale alsacienne, et à l’opposé, elle atteint 16°9 pour la ville de Perpignan qui affiche un excédent de +1°5.

Les précipitations sont largement déficitaires sur presque tout le pays : on relève des cumuls tournant souvent autour de 20 à 30 mm. Exception pour Nice qui enregistre 98 mm et pour un petit quart nord-est. On ne parlera pas de sécheresse car l’hiver a été correctement arrosé, mais il ne faudrait pas que la situation perdure trop longtemps car elle annulerait le bénéfice de ces pluies hivernales pour les nappes phréatiques. La plaine de la Limagne a été l’endroit le plus sec en France, avec un cumul de 6 mm pour Clermont-Ferrand, ce qui n’a rien d’étonnant : c’est un endroit habitué à des cumuls très bas jusqu’au début du printemps.

Enfin, le soleil a été généreux sur de nombreuses régions, sans caractère exceptionnel non plus. L’ensoleillement a été excédentaire sur l’ouest et le sud du pays, et par exemple, les 200h ont été dépassées à Bordeaux et Toulouse. En revanche, l’insolation a été plus faible sur l’extrême nord-est, notamment en plaine d’Alsace encore sujette à la persistance de plaques de nuages bas.

Bilan climatique du mois de février 2009

Publié le 04/03/2009 à 12:00 par meteoplus
Bilan climatique du mois de février 2009


En illustration : image NOAA des écarts à la moyenne des températures de février sur l’Europe. Sur une grande partie du continent, février s’est peu écarté des moyennes, sauf sur l’est, entre la Russie et la Turquie, où il a été plus doux, et sur la Norvège et la Suède où il a été beaucoup plus froid. Sur ces 2 pays, ainsi que sur le nord de la Finlande, il a été enregistré des valeurs de -35°, et en Norvège, les chutes de neige ont été abondantes. Ce froid polaire a réussi à progresser jusque sur l’Europe Centrale un moment, mais il n’a pas réussi à atteindre la France, sauf de manière très temporaire et atténuée la Lorraine et l’Alsace.

Ce mois de février a été marqué par la persistance de conditions hivernales, toutefois beaucoup moins marquées qu’en janvier. Comme cette situation dure depuis plusieurs mois, cela nous vaut un hiver finalement assez rigoureux, qui contraste avec les 2 précédents où la douceur avait largement prédominé.

Revenons plus en détail sur ce mois de février.
La première décade est fortement perturbée, et comme il fait froid, les chutes de neige sont fréquentes, y compris en plaine. Le 2 février, une alerte orange à la neige est mise en place sur une trentaine de départements tandis que de fortes pluies intéressent la vallée du Rhône. Il neige à nouveau le 7 sur le nord du pays. Le 9, c’est une nouvelle tempête qui balaye le centre du pays, avec des pointes à plus de 140 km/h sur les Charentes, tempête heureusement moins forte que celle du mois de janvier dans le sud-ouest. Les pluies sont importantes et donnent lieu à des inondations dans le sud-ouest.
A partir du 12, les conditions anticycloniques s’installent durablement, et le pays connaît alors une période plus calme et plus ensoleillée. Néanmoins, les températures ont bien du mal à décoller, et il faut attendre la toute fin de mois pour voir le thermomètre dépasser les 15° sur de nombreuses régions. Localement il fait plus de 20° sur le Roussillon le 27 (22°9 à Perpignan) puis sur l’Aquitaine le 28, mais de manière très temporaire, puisque dès le lendemain 1er mars, les températures chutaient à nouveau.

Bref, pas de douceur ou presque pour ce mois-ci, mais comme il n’y a pas eu non plus de grand froid, les températures s’équilibrent et les moyennes finalement tournent autour des normales. Pour les températures maximales, tout au plus peut-on signaler un déficit plus marqué sur le Centre-est (-0°9 à Dijon et Clermont-Ferrand). Pour les températures minimales, Angers enregistre un déficit de -0°8, tandis que Biarritz se démarque plus nettement, avec -1°6, mais c’est une exception. Les jours de gelée ont été assez nombreux, 17 par exemple pour Dijon.

Concernant les précipitations, après une première décade arrosée, le reste du mois est quasiment sec partout. Résultat : des cumuls mensuels souvent déficitaires, surtout un large quart sud-ouest. On relève des cumuls inférieurs à 20 mm sur l'ensemble du Massif Central, ce qui est assez inhabituel, surtout pour le Limousin. A l’inverse, il a plu davantage sur l’extrême est, et la station de Lyon-Satolas enregistre un cumul de 117 mm, ce qui représente le 3ème mois de février le plus pluvieux, très près des 122 mm recueillis en 1995 et des 118 mm de 1947.

L’insolation a été à peu près correcte, avec tout de même des valeurs très basses sur le département du Nord (à peine 35h pour Lille).

Plus globalement, si l’on s’intéresse à l’ensemble de l’hiver, on retiendra :
- la vague de froid de début janvier, surtout sur le nord.
- des épisodes neigeux nombreux
- plusieurs tempêtes, celle du 24 janvier ayant atteint une ampleur exceptionnelle.
- la quasi absence de douceur.

Si l’on s’intéresse par exemple au nombre de jours où la T° a dépassé 10° à la station de Paris-Montsouris sur les mois de décembre, janvier et février, ce chiffre n’est que de 13. Comparé aux 135 autres hivers disponibles à Paris Montsouris depuis 1873, celui-ci arrive en 19ème position. Tout récemment, l’hiver 2005-06 était arrivé en 13ème position avec 10 jours. Le record est de 1 jour pour l’hiver 1962-63.
Cette année, un peu comme en 2005-2006, l’hiver a donc été assez régulièrement froid et sans période de douceur. Et le début du mois de mars ne nous apporte pas de compensation !


Bilan climatique du mois de janvier 2009

Publié le 02/02/2009 à 12:00 par meteoplus


A priori, je ne serais pas en mesure de vous proposer un bilan complet du mois de janvier. Il sera donc très sommaire, et en compensation, je vous propose mon récit de la tempête du samedi 24 janvier dans le sud-ouest, puisque j’habite un endroit qui a été touché de plein fouet : le bassin d’Arcachon.

Tout d’abord concernant le mois de janvier. En continuité de la fin du mois de décembre, le froid a persisté, au point qu’on a pu parler de véritable vague de froid. La neige est apparue en plaine sur de nombreuses régions, et parfois elle a pu tenir au sol une semaine entière entre le Nord et le Poitou en passant par l’IDF, ce qui ne s’était pas produit depuis janvier 2003. Cette période a été marquée par des températures nocturnes glaciales, frôlant les -20° dans les Ardennes, et passant en dessous de -10° sur de nombreuses régions. En contrepartie, le soleil a également été très généreux, ce qui a rendu le froid plus supportable en journée.

Le froid a aussi atteint les régions du sud, mais moins longtemps. Cela a valu à la Provence de connaître un épisode neigeux exceptionnel. A Marseille, où il est tombé parfois plus de 20cm de neige, neige qui est restée au sol quelques jours, il fallait remonter à l’hiver 1987 pour retrouver une telle situation.

Peu à peu, le temps s’est radouci, mais cette douceur a eu bien du mal à s’imposer sur les régions du nord, où le déficit des T° sur le mois entier est d’à peu près 2°. Après les mois de janvier hyper doux de ces 2 dernières années, cela change ! Et après un mois de décembre déjà en dessous des normales, cela commence à faire un hiver assez froid dont on a perdu un peu l’habitude depuis ces 2 dernières décennies. Pour l’instant, rien d’exceptionnel non plus.

Dans le sud, en revanche, le mois de janvier a été certes un peu plus froid que la moyenne, mais sans excès. On note même un épisode de grande douceur sur 2 journées dans le sud-ouest en fin de mois, avec un joli 19° relevé à Biarritz le 29/01.
Mais le sud-ouest a connu également un épisode dramatique avec cette tempête du samedi 24 janvier qui restera gravée dans la mémoire de ses habitants.



Durant la semaine qui a précédé la tempête, un temps perturbé dominait sur la France, et les modèles prévoyaient une accentuation du vent pour la fin de semaine et le week-end.

Le vendredi 23 janvier, les choses se précisent. Sur l’atlantique, une petite dépression qui n’avait l’air de rien et qui se situait à plus de 1 000 km de la France a commencé à prendre un caractère véritablement explosif. Elle a été happée par un puissant courant-jet qui l’a propulsée en moins d’une journée sur les côtes françaises. Dans le même temps, le centre dépressionnaire s’est très rapidement creusé. Cette tempête est tout à fait comparable à celle du 28 décembre 1999, pourtant dénommé avec celle du 26 « tempête du siècle ». Alors, la faute au réchauffement climatique ?

Durant la journée du vendredi 23 janvier, Météo-France met en alerte rouge 5 départements du sud-ouest pour une alerte aux vents. Ce sont les tempêtes de 1999 qui avaient poussé Météo-France à créer le système de carte de vigilance avec un code de couleur. Ces cartes sont apparues en 2001. Depuis cette date, il y a eu quelques alertes rouge concernant des épisodes orageux violents ou des fortes pluies de type cévenol, mais jamais pour le vent.
Ce jour-là, les prévisions de la trajectoire faisaient passer le centre dépressionnaire entre les Charentes-Maritimes et la Gironde pour gagner ensuite le sud du Massif Central. Les rafales de vent les plus violentes se produisant au sud de la dépression, c’est le sud de l’Aquitaine qui était concerné. Ainsi, vendredi soir, la Gironde était « seulement » en vigilance orange, alors que les Landes étaient en rouge. Le bassin d’Arcachon étant au sud de la Gironde, je m’attendais à une tempête comparable, et peut-être même un peu plus forte que celle qui a eu lieu en décembre et qui avait provoqué des dégâts sur le bassin.

Samedi 24 janvier, à 3h du matin, je suis réveillé par le bruit du vent. Mon appartement donnant sur le sud-ouest, je suis face aux premières rafales. Je sais que pour moi, la nuit est finie, et une longue journée commence.
La pression indique 981 hPa, en chute de 13 hPa en 5heures. Chute importante, mais pas exceptionnelle. Lors de la tempête du 26 décembre 1999, lorsque j’habitais la région parisienne, la chute avait été beaucoup plus brutale.
Il fait doux, 12/13°, nous sommes dans le secteur chaud de la perturbation.
Je regarde les modèles. Là, je m’aperçois que la trajectoire du centre dépressionnaire a un peu changé : il est prévu qu’il passe un peu plus au nord. Cela change donc tout pour la Gironde, et notamment pour le bassin d’Arcachon, qui était à la limite la veille, et qui se place donc maintenant aux premières loges pour subir une forte tempête. Je m’attends donc à vivre des moments exceptionnels, avec une pointe de crainte. En effet, je me dis que la situation est tout à fait favorable pour connaître des rafales de 150 km/h, et je ne suis pas rassuré. D’autant plus que le centre dépressionnaire est encore assez éloigné, et que la situation va donc largement empirer dans les prochaines heures. La longueur de l’évènement aussi m’inquiète.

Cela se confirme : très rapidement, la vitesse du vent augmente. En moins d’une heure, la tempête a atteint une forte intensité. Elle est comparable à celle de décembre. Je regarde les sites Internet de météo. Les premiers chiffres tombent : les rafales dépassent 100 km/h sur la Gironde. A 4h30, le cap Ferret enregistre 144 km/h. Ca commence à devenir très sérieux.

A 5h30, c’est la folie dehors. Le vent fait un bruit d’enfer, j’entends les tuiles chassées par le vent. J’aperçois des lueurs dans le ciel. Sur le moment, je pense à de l’orage, et justement, il y avait des impacts de foudre sur les Landes, donc pas très loin. C’est plus tard que j’ai compris qu’il s’agissait d’étincelles provenant de câbles électriques rompus.
Sur Internet, la Gironde vient de passer en alerte rouge. Trop tard : le tempête est déjà à son maximum. Les stations météo indiquent des rafales incroyables : 172 km/h au cap Ferret et à Biscarrosse ! Certes, ce sont des stations côtières, mais là où j’habite, à Gujan-Mestras, à une vingtaine de km de la mer, j’estime que l’on doit bien atteindre les 150 km/h par moments.
Plus tard, en me promenant pour voir les dégâts, je pense que des rafales à plus de 160 km/h ont pu se former dans certains couloirs favorables, qui ont dévasté des rangées entières de pin.

6h, 7h : le tempête est toujours aussi forte. Je suis franchement inquiet, et le temps est long car chaque seconde qui passe, on se demande quelle catastrophe va pouvoir survenir. Et il fait nuit, on ne voit rien. De nombreux quartiers sont plongés dans l’obscurité. Pas moi heureusement, qui ne déplore que quelques sautes de tension. A 7h, le centre dépressionnaire est sur le département des Charentes-Maritimes, avec une pression minimale de 966 hPa à La Rochelle. Ici, la pression indique à son point le plus bas 976 hPa, puis, peu après, elle remonte brusquement. Elle gagnera 31 hPa jusqu’au soir 21h.

Jusqu’à 8h, la tempête reste d’égale intensité. C’est long, très long. Je suis obligé de m’occuper de fuites d’eau dans mon appartement, car les tuiles ayant volé, la pluie est passée par les combles et dégouline chez moi maintenant. J’éponge et je me mets à maudire cette tempête, moi, un passionné de météorologie. Heureusement, j’ai toujours l’électricité, et je ne réaliserais ma chance que plus tard dans la journée quand je saurais que 1 700 000 foyers en sont privés dans le sud-ouest, notamment en Aquitaine.

Le reste de la matinée, le vent souffle toujours fort, avec des rafales entre 100 et 120 km/h, mais le plus gros est passé.
A 11h, je sors. Dehors, c’est un bazar indescriptible. Il y a des tuiles cassées sur la route, des poubelles renversées, plein de branches d’arbres et de pins partout. Sur la route qui passe devant la gendarmerie et les pompiers, il y a de nombreux pins à terre, qui ont déjà été tronçonnés pour permettre les interventions de secours. Partout, il y a des arbres renversés. Je prends la mesure de la catastrophe qui vient de se produire et de l’évènement que je viens de vivre en direct.


La tempête du 28 décembre 1999 avait été plus étendue géographiquement, avec des rafales de plus de 100 km/h sur une bonne moitié sud du pays, alors que ce 24 janvier 2009, le quart sud-ouest seulement a été touché. Mais si l’on s’intéresse aux zones où les vents ont dépassé 140 km/h, bien sûr les régions touchées sont parfois différentes, mais on a à peu près la même superficie concernée. C’est que la tempête de janvier 2009 est passée plus au sud, allant des Charentes vers la Méditerranée, touchant ainsi d’autres zones comme l’Espagne, tandis que la tempête de 1999 était passée plus au nord, traversant la France entre la Loire et l’Alsace.
En Gironde, la tempête de 1999 avait été violente sur l’extrême nord du département ainsi que sur les zones côtières. En 2009, une grande partie du département a été touchée, notamment sa partie sud. Les record de vitesse de vent ont été battus ou égalés, avec par exemple 161 km/h à Bordeaux (144 km/h en 1999) et 172 km/h au cap Ferret (173 km/h en 1999).

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