Après un mois d'avril exceptionnel, il fallait s'y attendre, le mois de mai était un peu plus maussade. Il a même été très pluvieux, ce qui a renforcé cette impression d'avoir connu un mois de mai médiocre. Le soleil a été beaucoup moins généreux, mais que pouvait-on faire face à un mois d'avril si ensoleillé (plus de 340h par exemple à Strasbourg, record absolu tous mois confondus). Enfin, sur la plupart des régions, le mois d'avril a été plus chaud que le mois de mai.
Et pourtant, les statistiques montrent que ce moi de mai n'a rien de pourri : partout sur la France, les températures sont en excédent par rapport aux normales de saison. L'excédent est plus important sur les régions de l'est qui ont bénéficié de davantage de jours de chaleur, que sur celles de l'ouest. Surtout, l'excédent est plus important pour les températures minimales que pour les maximales, ce qui a rendu cet excédent moins perceptible.
Quelques exemples concrets : à Bordeaux, la moyenne des températures maximales s'élève à 20°4, c'est à peine plus que la normale ; on retrouve la même moyenne à Paris, ce qui est assez inhabituel. Dans l'est, les moyennes sont plus élevées : 21°0 à Dijon, 22°2 à Strasbourg (c'est un tout petit peu moins qu'en avril - 22°4, mais c'est encore 3°0 de plus que la normale d'un mois de mai), enfin, 24°4 à Marseille, où l'on est à 0°6 du record (25°0 en mai 1989 et 2003).
Côté précipitations, c'est le grand écart avec le mois d'avril, tout du moins pour les régions d'un large quart nord-est où il avait été totalement sec ou presque. Le mois de mai a inversé totalement la tendance, permettant à la nature de retrouver une belle couleur verte. Les cumuls de pluie ont parfois dépassé 100mm en raison d'épisodes orageux intenses. Rien d'exceptionnel toutefois : le mois de mai est, rappelons-le, le mois le plus pluvieux de l'année dans le régime pluviométrique de presque toute la moitié nord.
Bonne nouvelle : même les abords de la Méditerranée ont pu bénéficier de quelques pluies, pas trop abondantes, mais toujours souhaitables à la veille de l'inévitable sécheresse estivale. A Marseille, il n'avait pas plu autant de tout l'hiver.
En certains endroits, les précipitations sont vraiment importantes : 188mm à Lyon, ce qui n'était pas arrivé depuis 1988, et 142mm à Bordeaux où l'on était pas très loin du record (153mm en 1984).
D'une manière générale, ce mois de mai poursuit la très longue série de mois plus chauds que la normale, qui a commencé, en gros, en avril 2006, avec une exception pour le mois d'août. Une période véritablement exceptionnelle, puisque dans cet intervalle, nous avons connu le mois de juillet le plus chaud de ces 50 dernières années, septembre arrive second, de même qu'octobre et novembre, puis février, enfin avril se permet d'arriver en première position. Une telle série n'a pas d'équivalent. Lorsque les températures passent en-dessous des normales de saison, elles n'y restent pas plus d'une semaine, et elles sont compensées par des périodes de chaleur largement plus longues.
Le mois de juin est très bien parti pour afficher un nouvel excédent thermique. Et les prévisions saisonnières annoncent un été chaud !!!
La conférence du G8 actuellement en Allemagne aura de bonnes raisons d'aborder le thème du réchauffement climatique...